On réalise alors qu'une rencontre intime s'est nouée avec une nature fragile et l'auteur.

Le talentueux observateur a su saisir l'intimité de Yeu au moyen de clichés étonnants. Ce qui paraît banal prend une autre dimension par la magie d'un objectif avisé.

Ce professeur d'histoire et géographique de la commune paisible de Pouzauges en Vendée profonde, est un récidiviste, ayant déjà publié pour le compte des éditions "Soc et Foc" des publications personnelles, telles que Petites musiques des nuits (accompagnement graphique) et Par monts et par mots, des ouvrages qui s'inscrivent dans la ligne poétique d'instants d'Yeu. Il nous livre le sens de sa démarche "Je connais 1'Île d'Yeu depuis 20 ans.

La préface nous dévoile déjà ce chemin initiatique : "Quand les deux extrémités de l'Eurasie se rencontrent: images de I 'Î1e d'Yeu et haïku, ces poèmes japonais qui tentent de dire en trois vers le monde et les hommes.

C'est un lieu de sérénité et de rêverie. J'adore marcher sur sa lande, observer sa nature, et /'envie irrésistible d'aller à l'universel, Dans ce fascicule, un élément de la photo suggère le texte". En effet, conçu sur le principe trois vers 17 syllabes (5,7,5) scIon le précepte de la poésie japonaise, "haïku", le lecteur se laisse bercer par une douce mélancolie des photos et des mots.

Deux voyages que l'on peut faire en parallèle, nais aussi main dans la main, en amoureux des formes, des couleurs et des mots.

Ce touchant et magnifique ouvrage est édité par les éditions du Pays d'Herbes (Les Herbiers) spécialisés dans la poésie, la nouvelle, les récits et les romans. Une maison exigeante sur le choix des auteurs. L'ouvrage est une invitation à découvrir l'île hors des sentiers battus. Editée en 414 exemplaires seulement, chaque épreuve est dotée en dernière page, d'un cliché inédit, daté à la seconde près... Pourquoi ne pas se laisser séduire par la beauté cachée de l'île...

Animateur des éditions SOC et FOC, Claude Burneau signe ici à la fois les poèmes et les photos de ce " beau livre ". De courts poèmes de trois vers - assez proches de pensées, de maximes - , grappillés dans l'île, qui " accompagnent " bien (au sens musical du terme) la symphonie des couleurs. L'œil du poète s'arrête souvent sur des détails, traces pudiques du travail des hommes ou de celui de la mer, inlassable et toujours changeant. Une invitation à revoir Yeu sous un autre angle : " La meule du temps / ne pourra jamais broyer / les vraies utopies "

Un beau recueil de textes et de photographies de l'auteur. Une rencontre, celle de haïkus et d'images de l'île d'Yeu, suscite le miracle de la poésie si rarement atteinte, habituellement, par ces petits textes dont le laconisme est souvent pauvreté. Rien de tel ici dans une complémentarité pleine de grâce.